L’idée d’une armée européenne commune fait grincer les dents

Lancée ce dimanche par le président de la Commission Européenne Jean-Claude Juncker dans un entretien avec le journal allemand Welt am Sonntag, l’idée d’une armée européenne a fait réagir dans tous les pays, en particulier en France et en Pologne.

Jean-Claude Juncker, président de la Commission Européenne

Jean-Claude Juncker, président de la Commission Européenne

Une idée bien imprécise
Quel format pourrait bien prendre cette armée européenne ? Suivrait-elle le modèle de l’Eurocorps, malgré la barrière de la langue ou bien fonctionnerait-elle comme une addition de GTIA nationaux indépendants ? Comment s’effectuerait le recrutement et la formation des soldats ? Et l’achat de matériel militaire, sachant que l’UE concentre trois industries d’armement très puissantes ? Sans parler des exceptions nationales, à l’image de notre Légion Etrangère… Et quel cadre juridique d’emploi des forces armées faudrait-il invoquer ? Entre la France où le Président peut lancer une opération sans être dérangé pendant 30 jours et l’Allemagne où l’autorisation du Parlement est nécessaire, c’est le grand écart..

Des oppositions méfiantes
Après Grzegorz Schetyna, ministre polonais des Affaires étrangères, pour qui le projet est « très risqué », c’est Jean-Yves Le Drian qui s’est montré plus que sceptique à cette annonce. Il s’est même proposé de demander quelques éclaircies à M. Juncker lors de la prochaine entrevue. La méfiance du ministre de la Défense français semble naturelle quand on sait qu’il s’est heurté à la Politique Européenne de Sécurité et de Défense plus d’une fois lorsqu’il a cherché à mettre en place des missions de paix européennes en Afrique, notamment au Mali et en Centrafrique. D’ailleurs, on connaît les aboutissants de ces affaires-là : 200 soldats français sur 500 militaires européens au Mali, et une EUFOR RCA réduite à peau de chagrin…

Soldat de l'EUFOR RCA

Soldat de l’EUFOR RCA

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L’Allemagne de la défense

I) La doctrine allemande d’emploi de la force armée

1) Un cadre juridique pacifiste

Les États-Unis ont fortement influencé l’écriture de la Loi Fondamentale allemande, en particulier par un certain côté pacifiste réaffirmé par de nombreux articles. L’article 26 empêche ainsi toutes préparations « en vue de préparer une guerre d’agression ». Le contrôle du parlementaire est aussi très prégnant pour éviter toute dérive de l’exécutif. L’article 87B précise ainsi que l’autorisation du Bundestag est nécessaire au déploiement de la Bundeswehr. La Bundeswehr ne pouvait d’ailleurs pas se déployer en dehors de son territoire national ou de celui de ses alliés jusqu’à une décision du Tribunal Constitutionnel allemand qui a autorisé en 1994 le déploiement de soldats allemands dans le cadre d’une mission de l’ONU dans le contexte du conflit en ex-Yougoslavie. C’est d’ailleurs la raison principale du refus allemand de s’engager en Irak en 2003 : pas de mandat de l’ONU. Le commandement de la Bundeswehr incombe en temps de paix au ministre de la défense, suppléé par le chancelier en temps de guerre. Un secrétaire d’Etat à la Défense et le chef d’état-major sont à l’échelon inférieur de la hiérarchie.

2) Un débat

D’une manière générale, la classe politique allemande ainsi que ses électeurs s’opposent à toute intervention qu’ils ne jugent pas nécessaires. Récemment, l’engagement de personnalités politiques (Joachim Gauck, président de la République, Ursula von der Leyen, ministre de la Défense ou encore Frank-Walter Steinmeier, ministre des Affaires étrangères) en faveur d’un position allemande plus affirmée a suscité une polémique dans un pays où seulement 30% de la population est favorable à un engagement dans les régions en crise. Même M. Steinmeier a considéré que cela devait être l’ultima ratio, le dernier argument. De nombreux députés de tous bords et responsables régionaux ainsi que des membres de la société civile (associations et Église en particulier) sont montés au créneau face à ces déclarations pour montrer leur désaccord et leur circonspection.

 Thomas de Maiziere accueille les nouvelles recrues

Thomas de Maiziere accueille les nouvelles recrues



II) L’état des forces allemandes

1) Une industrie de défense florissante

L’industrie d’armement allemande s’est reconstruite péniblement après la Seconde Guerre Mondiale autour de la construction d’équipements américains sous licence puis a évolué vers un savoir-faire particulier à certains domaines comme les blindés (Leopard I puis II), sous-marins d’attaque ou autres prouesses de l’aéronautiques qui sont devenues les figures de proues de l’industrie allemande. Bien que le secteur ait souffert de la fin de la Guerre froide, elle emploie néanmoins plus de 100 000 personnes à l’heure actuelle en Allemagne et reste très compétitive sur le marché mondial puisqu’elle se classait 3ème dans le classement des exportateurs en armement en 2008 avec 10% du marché mondial pour 8,7 milliards d’euros. De même, l’industrie allemande peut compter sur des acteurs puissants qui constituent un lobby important en faveur du déploiement de la Bundeswehr : Rheinmetall, ThyssenKrupp AG, Krauss-Maffei, Heckler & Koch ou encore MTU constituent autant d’acteurs dans le top 100 des entreprises d’armement. Récemment, elles ont ainsi réalisé des opérations remarquables comme l’achat de 164 blindés par l’Indonésie, 62 Leopard 2 par le Qatar ainsi que différents navires de combat à l’Algérie et Israël.

2) Une armée modernisée

Un grand mouvement de réformes de la Bundeswehr a vu le jour sous l’autorité de Theodor von und zu Guttenberg, repris depuis lors par son successeur Thomas de Maizières qui a présenté en mai 2011 un plan audacieux de refonte de l’armée allemande avec pour but l’adaptation de l’outil militaires aux volontés diplomatiques allemandes. «La prospérité contraint à la responsabilité et cela vaut aussi pour la politique de sécurité allemande», a ainsi déclaré le ministre allemand de la Défense. Cette réforme passe par une diminution des effectifs de 45 000 hommes mais aussi par une professionnalisation des forces armées pour un résultat de 185 000 hommes, volontaires temporaires, réservistes et active compris, avec pour but un contingent de 10 000 prêts à être déployé. Les économies ont ainsi permis de faire de l’Allemagne le 6ème budget militaire avec 37 milliards en 2007. Le matériel employé est relativement fiable et moderne puisqu’il peut s’appuyer sur l’industrie d’armement allemande et européenne. Il dispose ainsi d’un matériel parmi les meilleurs concernant l’aviation légère (Tigre et NH 90 principalement), les blindés (Léopard 2, Puma, Wiesel), l’aviation (Typhoon et Tornado) ou encore la marine (Frégates classe Bremen, Brandenburg, Sachsen, corvette classe Braunschweig, etc…).

Le Leopard 2, actuellement considéré comme un des meilleurs chars de combat au monde

Le Leopard 2, actuellement considéré comme un des meilleurs chars de combat au monde

III) Vers une régionalisation de la défense allemande ?

1) L’engagement allemand dans l’Europe de la Défense

L’engagement allemand dans l’Europe se caractérise avant tout par beaucoup de méfiance et de discrétion. Malgré la participation à de nombreux corps armés transnationaux (Brigade franco-allemande, Eurocorps, Corps multinational Nord-Est), elle freine le déploiement de ces régiments dans des interventions sous mandat onusien et se cantonne souvent pour le moment à de simples activités de logistique. Néanmoins, l’Allemagne participe à des opérations sous commandement européen et sous mandat de l’ONU comme l’EUFOR RDC (2006) ou encore l’EUNAVFOR Atalanta (depuis 2008). On remarquera cependant une certaine frilosité quant à la participation aux missions EUFOR Althéa (2004) ou encore EUFOR Tchad/RCA (2007). A contrario, l’Allemagne semble vouloir se concentrer sur les opérations civiles de l’Union Européenne, moins dangereuses en terme de possibilités de violations des droits de l’homme.

2) L’ONU et l’OTAN

Dans le cadre de l’OTAN mandaté par l’ONU, ou directement d’un mandat onusien, l’Allemagne a mené et mène différentes opérations incluant le déploiement de forces armées qui ont un réel impact sur l’Allemagne de la défense :
– KFOR (Kosovo) : 1023 personnels
– FIAS (Afghanistan) : 5000 personnels
– FINUL (Liban) : 230 personnels
Il est intéressant de noter la différence entre le nombre de soldats déployés directement sous mandat de l’ONU et celui sous drapeau européen qui se réduit à quelques dizaines de soldats par opération. Par ailleurs, c’est lors de l’intervention en Afghanistan que la pire crainte de la classe politique allemande s’est réalisée, celle d’une erreur militaire entraînant des « dommages collatéraux » avec le massacre de Kunduz (plus de 100 pertes civiles) et la démission du chef d’état-major ainsi que du ministre de la Défense.

Déploiement des soldats de la Bundeswehr en OPEX

Déploiement des soldats de la Bundeswehr en OPEX

Pour en savoir plus :
– SCHMITT Olivier, La RFA et la politique européenne de sécurité et de défense, L’Harmattan, 2009, Paris
– BAUER Thomas, « La stratégie de sécurité et de défense allemande : tendance et défis actuels », in Annuaire français des relations internationales, 2008, p.553-568
– SCHROEDER Gerhard, « Politique étrangère et de sécurité de l’Allemagne et réforme de la Bundeswehr », in Défense Nationale, Juin 2002, p. 113-126
– MAJOR Claudia, « La France, l’Allemagne et la défense européenne » in Visions franco-allemandes, Janvier 2013

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70 ans après : Henri Salmide, traitre ou héros ?

Cette histoire a longtemps été oubliée et n´a resurgi que partiellement avec la mort de son protagoniste le 23 février 2010 à Bordeaux, l´histoire d´un homme qui a trahi sa patrie pour ce qu´il croyait etre juste. Aujourd´hui, nous commémorons les 70 ans de ce fait d´armes.

Heinz Stahlschnidt (Henri Salmide) peu avant sa mort sur le port de Bordeaux

Origines

Heinz Stahlschmidt naquit le 13 novembre 1919 à Dortmund dans le bassin industriel de la Ruhr dans une famille descendants d´anciens huguenots. Il se porta volontaire en 1939 dans la Kriegsmarine, la marine allemande, et fut formé au maniement d´explosifs avec le grade de sous-officier. Il survécut notamment au naufrage de trois navires de guerre sur lesquels il était embarqué. Au moment où commence ce récit, il est stationné dans le cadre du Mur de l´Atlantique dans le port de Bordeaux.

Fait d´armes

Avec les débarquements en Normandie et en Provence, les forces allemandes stationnées dans le sud-ouest francais courent le risque de se voir encerclées et harcelées par la résistance. Tandis que certaines unités cherchent à rejoindre Paris, d´autres prennent position dans la poche de Royan et de la Pointe du Grave. Heinz Stahlschmidt recoit le 19 aout 1944 l´ordre de préparer la destruction du port de Bordeaux à l´aide de charges posées sur les 12 km d´infrastructures portuaires. Le 22 aout, poussé par ses convictions religieuses, il fait sauter le dépot d´explosifs de la rue Raze, tuant une cinquantaine de soldats allemands. Selon Maia de la Baume (NY Times), son action aurait permis de sauver à la fois le port mais aussi des milliers de civils. Recherché par la police et la Gestapo, il est aidé par une famille liée à la Résistance qui le cache jusqu´à la Libération.

Le siège du port de Bordeaux est renommé d´après Henri Salmide

Postérité

Naturalisé francais en 1947, il se marie avec son amie Henriette Buisson la meme année et change son nom pour devenir Henri Salmide. Considéré comme traitre et déserteur par la Kriegsmarine, il ne recevra aucune pension et sera rayé de la liste des honneurs de la marine allemande. Il travailla jusqu´à sa retraite dans les pompiers de Bordeaux. Du fait de l´obscurité entretenue par la Résistance sur l´auteur du coup d´éclat, Henri ne fut récompensé qu´en 1995 par le maire de Bordeaux Jacques Chaban-Delmas de la médaille de la Ville, puis en 2000 par la Légion d´honneur, qui ne mentionne néanmoins pas son fait d´armes. Le siège social du port, inauguré en 2012, porte son nom.

Pour plus d´informations : Erik Schaake, L’Allemand qui sauva Bordeaux par amour, de la Wehrmacht à la Résistance, 209 p., éd. M. Lafon, 2011, ISBN 9782749913940.

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Les Brigades Internationales au secours de la République espagnole

On estime à plus de 1 600 le nombre de jeunes Européens qui sont partis en Syrie faire le djihad, dont plus de 200 Francais. Mais ce ne sont pas les premiers à rejoindre un conflit auquel ils sont complètement étrangers du fait de leurs croyances.

Mur à la gloire des Brigades Internationales

Aux origines : le Komintern dominé par les Soviétiques

L´idée de volontaires étrangers voit le jour en septembre 1936 grace au leader du parti communiste francais Maurice Thorez et est reprise par le NKVD (services secrets soviétiques) ainsi que par Willy Münzenberg, chef de la propagande du Komintern pour l’Europe occidentale, qui la soumet à Staline. Celui-ci, mis sous pression par les trotskistes, affirme dans une lettre ouverte datée du 17 octobre 1936 son soutien à la République espagnole. Le bureau de recrutement est installé à Paris en septembre, dirigé par le général soviétique Karol Świerczewski qui obtient par ailleurs de l´aide matérielle de son pays. Le mouvement se structure progressivement pour devenir une vraie force militaire avec pour siège Albacete, où les recrues subissent un entrainement poussé de plusieurs semaines. Celles-ci ont des origines très diverses : elles vont du militant d´extreme-gauche (anarchistes, communistes, anti-fascistes) au chomeur et à l´aventurier.

Drapeau des Brigades Internationales en Espagne

Composition

En juin 1937, on estime que les Brigades internationales regroupaient environ 59 000 personnes, dont 25 000 Français, 5 000 Polonais, 5 000 Anglo-Américains, 3 000 Belges, 3 500 « Balkaniques », 5 000 Germano-Italiens, soit près de 47 000 personnes. Ces volontaires se répartissent en brigades subdivisés en bataillons où les recrues sont affectées selon leur nationalité : la Brigade Abraham Lincoln pour les Nord-Américains (et le bataillon Mac-Pac), Commune de Paris pour les francophones, les Bataillons Thälmann et Edgar André pour les Allemands ou encore le Bataillon Garibaldi pour les Italiens.

Affiche de propagande de la République espagnole

Ordre de bataille

XIe Brigade internationale
1er Bataillon Edgar André (allemand)
2e Bataillon Commune de Paris (franco-belge)
3e Bataillon Dombrowski (polonais, tchèque et hongrois)
Bataillon Hans-Beimler (allemand)
Bataillon 12 febbraio (autrichien)

XIIe Brigade internationale
1er Bataillon Thälmann (allemand)
2e Bataillon Garibaldi (italien)
3e Brigade André Marty (franco-belge)

XIIIe Brigade internationale
1er Bataillon Louise Michel (franco-belge)
2e Bataillon Tchapaiev (balkaniques)
3e Bataillon Henri Vuillemin (français)
4e Bataillon Miskiewicz Palafox (polonais et autres slaves)

XIVe Brigade internationale
1er Bataillon Nueve Naciones (neuf nations comme son nom l’indique)
2e Bataillon Domingo Germinal (hispanophone)
3e Bataillon Henri Barbusse (français)
4e Bataillon Pierre Brachet (franco-belge)
Bataillon Vaillant Couturier (franco-belge)

XVe Brigade internationale
1er Bataillon Dimitrov (bulgares, yougoslaves, roumains, polonais et tchèques)
2e Bataillon Britannique (britannique)
3e Bataillon Abraham Lincoln (américain, irlandais)
4e Bataillon Six-Février (franco-belge)
Bataillon Mackenzie-Papineau (canadien)
Bataillon Spagnolo (sud-américain)
Bataillon George-Washington (américain)

129e Brigade internationale
1er Bataillon Masaryk (tchécoslovaque)
2e Bataillon Dayachovitch (bulgare)

150e Brigade internationale
1er Bataillon Rakosi (hongrois)

Des volontaires du bataillon canadien Mackenzie Papineau

Déploiement

– bataille de Madrid.
– garde de la route Madrid-Valence.
– bataille de Jarama.
– bataille de Belchite (et Teruel).
– bataille de l’Èbre
– bataille de Guadalajara

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Qu´est-ce que la Garde Nationale américaine ?

Les émeutes en cours dans la petite ville de Ferguson ont vu l´intervention de la Garde Nationale américaine, un corps spécial de réservistes sans comparaison possible avec les armées européennes. Mais qui sont-ils ?

Déploiement de la Garde Nationale à Ferguson

Des racines remontant aux origines des Etats-Unis

La Garde Nationale américaine est une institution qui a permis de concentrer entre les mains de l´exécutif la puissance des milices locales originellement formées pour combattre les Anglais pendant la guerre d´Indépendance. Elles ont été ensuite de tous les conflits, de la guerre de 1812 jusqu´à la Première Guerre Mondiale en passant par la guerre de Sécession. Elles deviennent la United States National Guard en 1903 et ont ainsi fourni 40% du contingent engagé en Europe en 1917. La Garde Nationale devient en 1933 la réserve officielle de l´US Army alors qu´est créée en 1947 la composante réserviste de l´US Air Force, l´Air National Guard.

L´écusson de la Garde Nationale avec sa devise « Toujours prets, toujours présents »

Une organisation fédérale

La Garde Nationale est, selon le Titre 32, section 101 du Code des Etats-Unis, une milice fédérale sous l´autorité du gouverneur de l´Etat, qui peut la mobiliser en cas d´urgence (émeutes, catastrophe naturelle, etc…). La seule exception est la District of Columbia Army National Guard, sous autorité du Président des Etats-Unis. Il faut discerner la Garde Nationale des Forces de défense d´Etat (State defense forces) car ces dernières « ne doivent pas être appelées, commandées ou enrôlées dans les forces armées ». Ce ne sont donc pas des forces militaires fédérales. Les deux branches de la Garde Nationale sont gérées par le National Guard Bureau. Aujourd´hui, la réserve militaire représente approximativement la moitié des forces de combat et le tiers de l’organisation logistique de l’US Army, soit un effectif de 358 200 hommes, servant un week-end par mois, deux semaines dans l´année minimum.

Des gardes nationaux à la fin de leur formation

Déploiements récents

Suite aux attentats du 11 septembre, la Garde Nationale a été fréquemment utilisée pour les grandes opérations extérieures déclenchées, en Irak et en Afghanistan, au point de devenir une force opérationnelle indépendante. Plus de 700 000 hommes ont ainsi effectué des missions en Afghanistan ou en Irak, et 497 gardes nationaux ont été tués dans la « guerre contre le terrorisme ». Dans un contexte national, le passage de l´ouragan Katrina a déclenché un important dispositif réserviste mobilisant plus de 50 000 gardes nationaux issus de plus de 50 Etats. Ces derniers ont été les auxiliaires des forces de sécurité et de secours, livrant l´aide humanitaire et secourant les blessés.

« Beaucoup de membres de la garde nationale ont passé tant de temps en service actif depuis le 11-Septembre qu’on ne les distinguerait presque plus de soldats normaux en terme d’aptitudes militaires » (Charles Dunlap, Duke University)

Composition de l´Army National Guard (2013) : 8 divisions d´infanterie

28th Infantry Division (Pennsylvanie, Ohio, Maryland)
2nd Infantry Brigade Combat Team
55th Heavy Brigade Combat Team
56th Stryker Brigade Combat Team
28th Combat Aviation Brigade

29th Infantry Division (Caroline du Nord, Virginie, Floride)
30th Armored Brigade Combat Team
53rd Infantry Brigade Combat Team
116th Infantry Brigade Combat Team
29th Combat Aviation Brigade

34th Infantry Division (Minnesota, Wisconsin, Iowa, Idaho)
1st Armored Brigade Combat Team
2nd Infantry Brigade Combat Team
32nd Infantry Brigade Combat Team
116th Cavalry Brigade Combat Team
34th Combat Aviation Brigade

35th Infantry Division (Arkansas, Kansas, Missouri, Illinois, Géorgie)
33rd Infantry Brigade Combat Team
39th Infantry Brigade Combat Team
48th Infantry Brigade Combat Team
35th Combat Aviation Brigade

36th Infantry Division (Texas, Oklahoma, Louisiane) 45th Infantry Brigade Combat Team
56th Infantry Brigade Combat Team
72nd Infantry Brigade Combat Team
155th Armored Brigade Combat Team
256th Infantry Brigade Combat Team
36th Combat Aviation Brigade

38th Infantry Division (Indiana, Michigan, Ohio)
37th Infantry Brigade Combat Team
76th Infantry Brigade Combat Team
278th Armored Cavalry Regiment
38th Combat Aviation Brigade

40th Infantry Division (Californie, Oregon, Washington)
29th Infantry Brigade Combat Team
41st Infantry Brigade Combat Team
79th Infantry Brigade Combat Team
81st Armored Brigade Combat Team
40th Combat Aviation Brigade

42nd Infantry Division (New York, New Jersey, Vermont)
27th Infantry Brigade Combat Team
50th Infantry Brigade Combat Team
86th Infantry Brigade Combat Team
42nd Combat Aviation Brigade

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Troisième attaque sur la Minusma au Nord-Mali

La diminution du nombre de soldats francais et leur concentration dans le cadre de l´opération Barkhane laissent les troupes africaines de la Minusma seules sur le terrain face à AQMI. Le mouvement djihadiste a intensifié ses attaques avec pas moins de trois attentats la semaine dernière.

Des Casques Bleu de la MINUSMA

Le troisième attentat de la semaine

Déjà, en milieu de semaine, un véhicule de la Minusma avait sauté sur une mine dans le Nord-Est. Trois de ses occupants, tous des Casques bleus, ont été blessés par l´explosion de l´IED. Vendredi, un autre véhicule de la MINUSMA a également sauté sur une mine, blessant un soldat. Enfin, c´est un attentat à la voiture piégée qui a eu lieu dans la base de la MINUSMA à Ber (60 km de Tombouctou) : une voiture a forcé le barrage avant d´exploser dans l´enceinte du camp, faisant 2 morts et 4 blessés parmi les Casques Bleu burkinabés présents sur le site. On assiste depuis quelques temps à une recrudescence des engins explosifs, en particulier sur les axes de communication du Nord-Mali. L´arrestation d´une cellule d´AQMI par les militaires francais de l´opération Barkhane le 10 aout confirme cette volonté de se réimplanter dans la région.

Le redéploiement de l´armée francaise laisse la MINUSMA seule pour gérer le quotidien

La réaction internationale n´a pas tardé

Vivement condamné par le secrétaire général de l´ONU Ban Ki-Moon ainsi que par plusieurs pays dont l´Algérie, l´attentat a été l´occasion pour le président malien Ibrahim Boubacar Keïta d´exprimer ses condoléances au peuple burkinabé et de le remercier pour son aide.

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L´Etat Islamique mal en point, l´armée irakienne toujours inactive

Le week-end a été particulièrement difficile pour les forces de l´Etat Islamique, qui ont subi d´importants revers en Irak et en Syrie. Une centaine de ses combattants a été tuée, permettant un espoir concernant les populations civiles toujours prises au piège.

La zone sous controle de l´Etat Islamique

Les bombardiers américains au secours des peshmergas

Perdu la semaine dernière lors d´une offensive violente de l´Etat Islamique sur Erbil et les alentours de Mossoul, le barrage Saddam Hussein, importante source de production d´électricité, a été repris hier par les peshmergas appuyés par l´aviation américaine. Celle-ci a mené 23 missions en tout, endommageant une vingtaine de véhicules ainsi qu´un poste de controle de l´EI. « Le barrage de Mossoul a été complètement libéré », a déclaré Ali Awni, un responsable du principal parti kurde irakien, ajoutant que les combats se déroulaient désormais à Tal Kayf, une localité aux mains des jihadistes à une centaine de kilomètres à l’est du barrage. La zone reste néanmoins dangereuse en raison des nombreux IED camouflés par les djihadistes dans leur retraite.

L´Etat Islamique face aux tribus sunnites de l´ouest

Un pacte de non-agression avait été passé entre tribus sunnites et Etat Islamique, qui a volé en éclats avec l´arrestation de membres de la tribu Chaitat par des djihadistes. Depuis, les tribus ont déterré la hache de guerre : une contre-offensive d´une coalition de plus d’une vingtaine de tribus sunnites de la province d’Al-Anbar est en cours. Elle a notamment pour but de libérer les membres de tribus faits prisonniers par l´EI et venger ceux qui ont été exécutés (700 personnes). La police irakienne a affirmé que les combattants des tribus et les forces gouvernementales avaient repoussé les djihadistes hors des secteurs qu’ils tenaient à l’ouest de la capitale provinciale Ramadi. Les combats ont désormais lieu dans d’autres zones, notamment dans la ville stratégique de Haditha, plus au nord, où se trouve également un barrage.

« 100 sont des membres armés de la tribu et le reste des hommes civils [qui ont été] tués dans les villages de Ghranij, Abou Hamam et Kashkiyé. Le sort de près de 1 800 membres de cette tribu [des Chaitat] est inconnu ». (Rami Abdel Rahmane, chef de l’OSDH)

Frappes meurtrières en Syrie

L´armée de l´air syrienne a procédé ce week end à des bombardements intensifs de bastions djihadistes, notamment la ville de Rakka, tuant au moins 31 combattants de l´EI. En plus de Rakka, la province de Deir Ezzor (est), contrôlée en grande partie par ce groupe, et celle d’Alep (nord) ont été bombardée, notamment à Akhtarine et Dabeq. Il s´agit de l´opération la plus massive engagée contre l´EI, qui progresse vers le nord et les bastions de la rébellion syrienne.

« Le régime a mené 14 raids sur la ville de Raqa et 11 sur la ville de Tabqa dans la province de Raqa, tuant au moins 31 jihadistes et blessant des dizaines d’entre eux » (Rami Abdel Rahmane, chef de l’OSDH)

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L´opération Cyclone, ou comment la CIA a créé les Talibans

Avec un petit arrière-gout de « Grand Jeu », l´URSS envahit l´Afghanistan en 1979. En réaction, les États-Unis déclenchent par le biais de la CIA l´opération Cyclone, consistant dans l´organisation de la résistance armée aux Soviétiques. De cette époque sont nés les talibans, majoritairement ex-moudjahiddines et entrainés par la CIA.

L´invasion de l´Afghanistan par l´URSS en 1979

Les buts de la CIA

Les archives aujourd´hui déclassifiées nous font le portrait de l´une des opérations les plus longues et les plus couteuses de l´histoire de la CIA. En coopération avec plusieurs services secrets alliés (dont les sulfureux services secrets saoudiens et pakistanais), l´agence américaine avait pour objectif de transformer l´Afghanistan en Vietnam pour les Soviétiques, afin qu´ils battent en retraite le plus rapidement possible. A cette fin, des volontaires arabes et afghans devaient etre recrutés, entrainés et armés pour se battre face à l´armée Rouge. Endoctrinés par des madrasas opportunément ouvertes et appelant à combattre les infidèles, ces volontaires bénéficiaient ainsi d´un entrainement complet dispensé par des Américains sur l´usage d´armes également fournies par les Américains dont les fameux SAM (Sol-Air Missile) portatifs qui firent beaucoup de dégats. On estime à 100 000 le nombre de volontaires qui ont transité par ces camps d´entrainement.

Moudjahiddines pendant l´intervention soviétique en 1979

Des conséquences désastreuses pour les Américains

La défaite et le retrait soviétique d´Afghanistan ont été une des raisons de l´effondrement de l´URSS, notamment en raison du cout de l´intervention. Mais les conséquences furent dramatiques pour les Américains ! Selon le Dr Farhan Zahid dans un mémoire de recherche pour le Centre Francais de Recherche sur le Renseignement, elles furent au nombre de cinq :

– la propagande : « la resurrection du wahhabisme et du salafisme pour mener la guerre contre les Soviétiques, et l’utilisation du djihad pour lutter contre les athées soviétiques. »
– la recrutement et l´entrainement d´éléments douteux : « plus de 100 000 jeunes islamistes radicaux venus de 43 pays différents ont été transportés vers la région, entraînés et armés dans le cadre de l’Opération Cyclone. Ce qui devait être fait d’eux après la guerre ne fut jamais envisagé par les Américains. »
– la structuration d´organisations de résistance armée : « de nombreuses organisations jihadistes ont été fondées puis abandonnées à leur sort. Elles ont évolué pour devenir les organisations terroristes d’aujourd’hui. »
– l´abandon d´un allié important : « le Pakistan, bien qu’ayant conduit presque l’ensemble de la guerre pour le compte des États-Unis, a été abandonné par Washington dès la fin du conflit, peu après les accords de Genève et le retrait des forces soviétiques d’Afghanistan. »
– la propagation du conflit au Pakistan : « Plus de 3 millions de réfugiés afghans ne sont jamais rentrés dans leur pays et son devenus un fardeau énorme pour l’économie pakistanaise. De plus, les anciens combattants afghans se sont répandus dans la société pakistanaise, de sorte que le pays s’est trouvé plongé dans une culture des armes, des la drogue et que cela a provoqué l’islamisation et radicalisation de la société pakistanaise. »

Nous rajouterons deux conséquences inattendues supplémentaires mais cruciales :

– la mise en relation des organisations de résistance armée djihadistes avec les services secrets pakistanais et surtout saoudiens, l´Arabie Saoudite se servant de son argent pour appuyer ces mouvements par la suite.
– la mise en circulation massive d´armes à feu y compris certaines assez sophistiquées dans une région instable et aux mains de bandes armées criminelles

Un conflit à cheval sur l´Afghanistan et le Pakistan

Postérité

Lorsque les Américains sont revenus, ils ont été confrontés très rapidement à une résistance bien armée, bien entrainée et rompue aux techniques de guérilla. Sans soutien local mis à part l´Alliance du Nord, l´armée américaine a multiplié les bévues et autres vexations qui ont retourné la population en faveur des talibans. Reposant sur le trafic de drogue (recommandé selon certaines sources par la CIA) et la contrebande, les talibans se sont très rapidement organisés et, grace à une connaissance parfaite du terrain, se sont implantés dans des vallées difficiles d´accès. Treize ans après l´intervention, des attentats surviennent encore, comme récemment l´assassinat d´un général américain par un soldat afghan.

Sources : Centre Francais de Recherche sur le Rensseignement

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L´Arabie Saoudite et le dhijadisme international : une épée sans poignée

La rupture entre l´Etat islamique et le Front al-Nusra en Syrie démontre l´échec d´une manœuvre risquée de la part du régime saoudien et qui pourrait bien lui nuire à long terme.La crédibilité de l´Arabie Saoudite est en jeu et elle compte bien la restaurer en faisant bonne figure dans la lutte contre le terrorisme

Le roi Abdallah avec le président Obama

Les origines du financement saoudien

L´Arabie Saoudite, probablement soutenu par son allié américain par le biais de la CIA, a inauguré un processus de promotion international du wahhabisme (courant de l´islam radical pratiqué en Arabie Saoudite) et par conséquent d´une interprétation extrémiste du Coran à cause de l´invasion soviétique de l´Afghanistan en 1979. En coopération avec le Pakistan, la pétromonarchie a soutenu des mouvements islamistes et dans l´ensemble les moudjahidines en fournissant ressources financières, armes et volontaires, notamment un certain Oussama Ben Laden. Parallèlement à cet engagement, elle augmenta son influence religieuse grâce à des organisations caritatives en finançant des écoles religieuses (madrasa) professant un islam radical. C´est ainsi que de nombreuses ambassades du wahhabisme ont vu le jour, notamment dans les Balkans. De cette époque date aussi la rivalité avec les Frères Musulmans, hostiles à la monarchie saoudienne et désormais proches du rival qatari. La rupture suspectée avec Ben Laden daterait elle de la première guerre du golfe, quand les Saoudiens ont accueilli des troupes américaines sur leur sol. Le contact avec certaines personnalités d´al-Qaeda aurait néanmoins repris.

L´échec saoudien en Syrie

Pour contrer l´Etat Islamique devenu impossible à contrôler et surtout menaçant envers la monarchie, cette dernière a créé le Front Islamique, qui fut un échec puisqu´il ne réussit pas à fédérer les anti-EI islamistes. En réaction, l´Etat Islamique a décrété que la monarchie était corrompue et aux ordres d´Israël et des Etats-Unis. Néanmoins, il semble que l´Arabie Saoudite ne soit pas immédiatement menacée, les priorités du « calife » autoproclamé allant plutôt vers le Liban, la Jordanie et le Sinaï. Il apparait aujourd´hui que les luttes internes entre démocrates, djihadistes financés par le Qatar, djihadistes financés par l´Arabie Saoudite ne font que profiter aux deux monstres décriés dans le monde entier : Bachar el-Assad et l´Etat Islamique. Après les révélations sur le double jeu des services de renseignement saoudiens (Al Mukhabarat Al A’amah), la pétromonarchie a intérêt à jouer profil bas et à se montrer engagée dans la lutte contre le terrorisme international, ce qu´elle fait avec brio.

Les rapports entre services secrets saoudiens et djihadistes ont fait coulé beaucoup d´encre

L´Arabie Saoudite en porte-à-faux

Considéré comme l´un de ses alliés les moins intègres avec le Pakistan par les Etats-Unis en raison des collusions avec le djihadisme international et les talibans et désormais dénoncée par les leaders de ce même djihadisme international comme étant complices des Occidentaux, l´Arabie Saoudite doit choisir entre ses alliés historiques et ses affinités avec des mouvements unanimement condamnés dans le monde. La rivalité avec le Qatar et donc les Frères Musulmans peut l´inciter à continuer à adopter cette attitude ambivalente qui ne lui a pas trop réussi jusqu´ici. Actuellement, la campagne médiatique s´empresse déjà de vanter une dynastie saoudienne se tenant aux cotés des Occidentaux dans la lutte contre le terrorisme du fait de la donation de 3 milliards à l´armée libanaise. Qu´en est-il vraiment dans les plus hautes sphères, c´est une autre question.

Sources : Centre Français de Recherche du Renseignement

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L´opération Barkhane au Sahel

À l´opération Serval au Mali et à l´opération Epervier au Tchad a succédé le 1er aout dernier l´opération Barkhane, du nom de ces dunes en forme de croissant dessinées par le vent. Faisant notamment suite au dialogue franco-africain sur le terrorisme amorcé lors du sommet sur la sécurité du 17 mai dernier à Paris en présence des Chefs d’Etat du Bénin, du Cameroun, de la France, du Nigéria, du Niger et du Tchad, ainsi que des représentants des Etats-Unis, du Royaume Uni et de l’Union Européenne, elle vise à éradiquer la menace terroriste dans cinq pays de la zone saharo-sahélienne.

L´opération Barkhane

Contexte

Dans le cadre du sommet sur la sécurité qui s´est tenu à Paris, le minsitre de la Défense Jean-Yves Le Drian a annoncé que cette opération « se fait en partenariat avec les cinq pays de la zone sahélo-saharienne » (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger et Tchad), qui sont aussi cinq alliés historiques de la France en Afrique. Additonnellement, un accord de défense a été signé le 16 juillet entre la France et le Mali portant sur une coopération renforcée en matière de défense.

Forces en présence

La France a décidé de mobiliser 3 000 hommes, dont 1 000 hommes à Gao (Mali) et 1 200 au Tchad, appuyés selon Jean-Yves Le Drian par 20 hélicoptères, 200 véhicules blindés, 10 avions de transport tactique et stratégique, six avions de chasse et trois drones. L´état-major situé à Ndjaména pourra bénéficier de l´aide des commandos du COS à leur disposition ainsi que de soldats alliés provenant des pays engagés. L´opération est commandée par le général de division Jean-Pierre Palasset, tandis que le général de brigade Francois de Lapresle est « Représentant du commandant de la force Barkhane au Mali ».
En face, les soldats francais auront affaire à trois groupes : Ansar Dine (800 hommes), AQMI (700 hommes), Al-Mourabitoune (100 à 150 hommes).

Ansar Dine, principal foyer djihadiste au Mali

Bases de l´armée francaise pour l´opération Barkhane

N’Djaména (Tchad), base de l’état-major et des forces aériennes.
Niamey (Niger), base d’un pôle de renseignement.
Gao (Mali), base d’un GTIA de 1 000 soldats.
Ouagadougou (Burkina Faso), base des forces spéciales.

Des bases opérationnelles avancées permettent le stationnement de 30 à 50 soldats, force de réaction rapide.

Tessalit (Mali)
Arlit (Mali)
Faya-Largeau (Tchad)

Déroulement

Quatre membres supposés d´AQMI ont été arretés à Tin Adar le 10 aout tandis que la région d´Essakane subissait un premier bombardement.

Sources : RFI, BBC, Ouest France, Le Figaro, AFP

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