Le gouvernement irakien sur le point de basculer

Alors que le Parlement irakien a élu le Kurde Fouad Massoum au poste de Président en juillet dernier, le Premier ministre chiite Nouri al-Maliki, en poste depuis 8 ans et 3 mois, semble se sentir menacé par le Kurde sous fond de tensions entre le gouvernement irakien et les autonomistes kurdes.

Nouri al-Maliki avec le Président Obama en avril 2009

Une ambiance de coup d´Etat

Dans la nuit du dimanche 10 au lundi 11 aout, un déploiement inhabituel qualifié de « ressemblant à celles que nous imposons pour un état d’urgence » selon un haut responsable de la police irakienne a été mis en place et coincide avec la plainte déposée par le Premier Ministre contre le Président qu´il accuse d´avoir violé la Constitution. Alors que les combats font rage dans le Nord entre Kurdes et Etat Islamique entre offensives et contre-offensives, Nouri al-Maliki accuse le président d’avoir violé deux fois la Constitution, notamment en ne confiant pas à un Premier ministre désigné la mission de former un nouveau gouvernement. Chiite, il a remporté les législatives du 30 avril et vise un 3ème mandat mais il est vivement critiqué pour son autoritarisme et son choix de marginaliser la minorité sunnite. Il est évident que les tensions entre les Kurdes et le gouvernement irakien sont au centre des tensions entre le Premier Ministre et son président.

Selon un haut responsable de la police, «Il y a une forte présence de membres de la sécurité, de la police et de l’armée, spécialement autour de la « zone verte »» (Quartier de l´administration)

Les États-Unis à la rescousse

Réputés très proches des Kurdes, qu´ils semblent favoriser dans leurs bombardements humanitaires, les Américains ont immédiatement réagi par la voix du porte-parole du département d’Etat Mary Harf : « Les Etats-Unis soutiennent pleinement le président Fouad Massoum dans son rôle de garant de la constitution irakienne ». Dans le role contraint du médiateur chargé de mettre de coté les différends entre Kurdes et Chiites pour les unir contre leur ennemi commun, les Américains ont aussi renouvelé leur confiance aux institutions démocratiques irakiennes.

Le Président irakien de confession kurde Fouad Massoum

Quel scénario est à envisager ?

Qualifié de pantin des États-Unis depuis qu´il est au pouvoir, Nouri al-Maliki ne peut pas se permettre un coup de force comme un coup d´état. Bien qu´il soit localement avantagé grace au controle des troupes irakiennes et des milices chiites stationnées à Bagdad, il est douteux que le Premier Ministre aille contre la volonté américaine d´un gouvernement d´union nationale regroupant Chiites, Kurdes et Sunnites modérés. Il s´agirait plus d´une démonstration de force qu´une réelle tentative de prendre le pouvoir. Alors que le leader chiite est de plus en plus contesté, à l´intérieur et à l´extérieur du pays, il est vraisemblable qu´un marché soit passé pour renouveler le mandat du Premier Ministre.

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