Haidar al-Abadi, un alter ego de Nouri al-Maliki ?

Alors qu´une ambiance de putsch régnait à Bagdad la nuit avant la nomination du nouveau Premier Ministre Haidar al-Abadi par le Président Fouad Massoum, les tensions semblent s´etre apaisées au sein du pouvoir irakien. La choix de Haidar al-Abadi a-t-il fait l´objet d´un marché passé pour éviter un conflit intérieur aux institutions ?

Haïdar Al-Abadi, le nouveau premier ministre irakien

Un parcours étonnement proche de celui de Nouri al-Maliki

Haidar al-Abadi est né en 1952 à Bagdad dans une famille chiite irakienne. Il a du s´exiler tout comme al-Maliki en Grande-Bretagne dans les années 1980 à cause des persécutions de Saddam Husseim, qui ont assassiné deux de ses frères en raison de leur activisme politique. Revenu en 2003 à la faveur de l´invasion américaine comme son prédecesseur, il devient ministre de la Communication et rejoint le parti chiite modéré Dawa d´al-Maliki, sous l´étiquette duquel il est élu au parlement irakien en 2006. Il devient meme vice-président du Parlement en juillet. Malgré un parcours de vie quasi identique, l´Irak attend une autre politique de son nouveau Premier Ministre, faute de quoi il sera laché comme son prédecesseur par son propre parti. Il a 30 jours pour former un gouvernement.

« Jusqu’à très récemment, il était un substitut de M. Maliki (…) Je n’ai jamais vu beaucoup de différences entre eux » (Kirk Powell, Inside Iraqi Politics)

De nombreux défis à relever

Alors que l´Irak se déchire dans un conflit confessionnel et idéologique, le nouveau Premier Ministre a pour objectif principal de lutter contre l´Etat islamique qui continue à gagner du terrain. Ce conflit passe par un dialogue avec les Occidentaux mais aussi avec les minorités, notamment les Sunnites modérés et les Kurdes afin de mieux les intégrer dans l´Etat irakien. Pour arriver à la victoire, il lui faudra aussi lutter contre la corruption endémique de la machine bureaucratique de l´Etat irakien et restaurer la fierté de l´armée en l´équipant et en l´entrainant du mieux possible. Enfin, s´il arrive à rester jusqu´à la victoire, il lui faudra reconstruire l´Irak, à commencer par un dialogue interethnique.

« Le pays est entre vos mains » (président irakien Fouad Massoum)

Notre avis

Il est évident que la tache qui attend Haidar al-Abadi est titanesque. Il a néanmoins pu constater les erreurs commises par son prédecesseur, notamment la stigmatisation des minorités religieuses. Son expérience de diplomate et de parlementaire lui sera particulièrement utile lorsqu´il s´agira d´échanger avec les leaders kurdes ou sunnites ou avec les diplomates étrangers. Reconstruire un pays après une guerre n´est pas facile, mais al-Abadi est le candidat du compromis. S´il lui est donné la possibilité de mettre en oeuvre sa politique de manière efficace, il y a fort à parier qu´il soit l´homme de la situation. Mais avant tout cela il y a une guerre à gagner.

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