Articles tagués : Syrie

L´Etat Islamique mal en point, l´armée irakienne toujours inactive

Le week-end a été particulièrement difficile pour les forces de l´Etat Islamique, qui ont subi d´importants revers en Irak et en Syrie. Une centaine de ses combattants a été tuée, permettant un espoir concernant les populations civiles toujours prises au piège.

La zone sous controle de l´Etat Islamique

Les bombardiers américains au secours des peshmergas

Perdu la semaine dernière lors d´une offensive violente de l´Etat Islamique sur Erbil et les alentours de Mossoul, le barrage Saddam Hussein, importante source de production d´électricité, a été repris hier par les peshmergas appuyés par l´aviation américaine. Celle-ci a mené 23 missions en tout, endommageant une vingtaine de véhicules ainsi qu´un poste de controle de l´EI. « Le barrage de Mossoul a été complètement libéré », a déclaré Ali Awni, un responsable du principal parti kurde irakien, ajoutant que les combats se déroulaient désormais à Tal Kayf, une localité aux mains des jihadistes à une centaine de kilomètres à l’est du barrage. La zone reste néanmoins dangereuse en raison des nombreux IED camouflés par les djihadistes dans leur retraite.

L´Etat Islamique face aux tribus sunnites de l´ouest

Un pacte de non-agression avait été passé entre tribus sunnites et Etat Islamique, qui a volé en éclats avec l´arrestation de membres de la tribu Chaitat par des djihadistes. Depuis, les tribus ont déterré la hache de guerre : une contre-offensive d´une coalition de plus d’une vingtaine de tribus sunnites de la province d’Al-Anbar est en cours. Elle a notamment pour but de libérer les membres de tribus faits prisonniers par l´EI et venger ceux qui ont été exécutés (700 personnes). La police irakienne a affirmé que les combattants des tribus et les forces gouvernementales avaient repoussé les djihadistes hors des secteurs qu’ils tenaient à l’ouest de la capitale provinciale Ramadi. Les combats ont désormais lieu dans d’autres zones, notamment dans la ville stratégique de Haditha, plus au nord, où se trouve également un barrage.

« 100 sont des membres armés de la tribu et le reste des hommes civils [qui ont été] tués dans les villages de Ghranij, Abou Hamam et Kashkiyé. Le sort de près de 1 800 membres de cette tribu [des Chaitat] est inconnu ». (Rami Abdel Rahmane, chef de l’OSDH)

Frappes meurtrières en Syrie

L´armée de l´air syrienne a procédé ce week end à des bombardements intensifs de bastions djihadistes, notamment la ville de Rakka, tuant au moins 31 combattants de l´EI. En plus de Rakka, la province de Deir Ezzor (est), contrôlée en grande partie par ce groupe, et celle d’Alep (nord) ont été bombardée, notamment à Akhtarine et Dabeq. Il s´agit de l´opération la plus massive engagée contre l´EI, qui progresse vers le nord et les bastions de la rébellion syrienne.

« Le régime a mené 14 raids sur la ville de Raqa et 11 sur la ville de Tabqa dans la province de Raqa, tuant au moins 31 jihadistes et blessant des dizaines d’entre eux » (Rami Abdel Rahmane, chef de l’OSDH)

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L´Arabie Saoudite et le dhijadisme international : une épée sans poignée

La rupture entre l´Etat islamique et le Front al-Nusra en Syrie démontre l´échec d´une manœuvre risquée de la part du régime saoudien et qui pourrait bien lui nuire à long terme.La crédibilité de l´Arabie Saoudite est en jeu et elle compte bien la restaurer en faisant bonne figure dans la lutte contre le terrorisme

Le roi Abdallah avec le président Obama

Les origines du financement saoudien

L´Arabie Saoudite, probablement soutenu par son allié américain par le biais de la CIA, a inauguré un processus de promotion international du wahhabisme (courant de l´islam radical pratiqué en Arabie Saoudite) et par conséquent d´une interprétation extrémiste du Coran à cause de l´invasion soviétique de l´Afghanistan en 1979. En coopération avec le Pakistan, la pétromonarchie a soutenu des mouvements islamistes et dans l´ensemble les moudjahidines en fournissant ressources financières, armes et volontaires, notamment un certain Oussama Ben Laden. Parallèlement à cet engagement, elle augmenta son influence religieuse grâce à des organisations caritatives en finançant des écoles religieuses (madrasa) professant un islam radical. C´est ainsi que de nombreuses ambassades du wahhabisme ont vu le jour, notamment dans les Balkans. De cette époque date aussi la rivalité avec les Frères Musulmans, hostiles à la monarchie saoudienne et désormais proches du rival qatari. La rupture suspectée avec Ben Laden daterait elle de la première guerre du golfe, quand les Saoudiens ont accueilli des troupes américaines sur leur sol. Le contact avec certaines personnalités d´al-Qaeda aurait néanmoins repris.

L´échec saoudien en Syrie

Pour contrer l´Etat Islamique devenu impossible à contrôler et surtout menaçant envers la monarchie, cette dernière a créé le Front Islamique, qui fut un échec puisqu´il ne réussit pas à fédérer les anti-EI islamistes. En réaction, l´Etat Islamique a décrété que la monarchie était corrompue et aux ordres d´Israël et des Etats-Unis. Néanmoins, il semble que l´Arabie Saoudite ne soit pas immédiatement menacée, les priorités du « calife » autoproclamé allant plutôt vers le Liban, la Jordanie et le Sinaï. Il apparait aujourd´hui que les luttes internes entre démocrates, djihadistes financés par le Qatar, djihadistes financés par l´Arabie Saoudite ne font que profiter aux deux monstres décriés dans le monde entier : Bachar el-Assad et l´Etat Islamique. Après les révélations sur le double jeu des services de renseignement saoudiens (Al Mukhabarat Al A’amah), la pétromonarchie a intérêt à jouer profil bas et à se montrer engagée dans la lutte contre le terrorisme international, ce qu´elle fait avec brio.

Les rapports entre services secrets saoudiens et djihadistes ont fait coulé beaucoup d´encre

L´Arabie Saoudite en porte-à-faux

Considéré comme l´un de ses alliés les moins intègres avec le Pakistan par les Etats-Unis en raison des collusions avec le djihadisme international et les talibans et désormais dénoncée par les leaders de ce même djihadisme international comme étant complices des Occidentaux, l´Arabie Saoudite doit choisir entre ses alliés historiques et ses affinités avec des mouvements unanimement condamnés dans le monde. La rivalité avec le Qatar et donc les Frères Musulmans peut l´inciter à continuer à adopter cette attitude ambivalente qui ne lui a pas trop réussi jusqu´ici. Actuellement, la campagne médiatique s´empresse déjà de vanter une dynastie saoudienne se tenant aux cotés des Occidentaux dans la lutte contre le terrorisme du fait de la donation de 3 milliards à l´armée libanaise. Qu´en est-il vraiment dans les plus hautes sphères, c´est une autre question.

Sources : Centre Français de Recherche du Renseignement

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Le Kurdistan en route pour la réunification ?

Le peuple kurde est sans doute la population la plus impliquée dans les récents conflits du Moyen-Orient. Réparti sur quatre pays (la Turquie, l’Iran, l’Irak et la Syrie), le Kurdistan ne bénéficie d’aucune légitimité internationale n’étant reconnu par aucun acteur de la communauté internationale. Pourtant, les conflits incessants qui secouent la région pourraient bien donner lieu à une once d’espoir à cette population qui aspire à la réunification de son peuple depuis maintenant près de cent ans.

Les zones de peuplement kurde

Les zones de peuplement kurde

Le Kurdistan syrien, la mobilisation de tout un peuple

Depuis la dite « Révolution » entreprise par le Conseil National Syrien (CNS) contre le tyran Bachar el-Assad, les kurdes de Syrie ont eux aussi pris les armes. pour lutter contre l’oppression subie. Interdits de pratiquer leur langue et leur culture, les kurdes syriens ont pourtant également à redouter le CNS, aujourd’hui majoritairement composé des Frères Musulmans , un mouvement panislamiste radical présents dans l’ensemble de la région. De par son opposition armée à el-Assad, le CNS s’est fait l’allié objectif d’Al-Qaïda en Syrie, les terroristes du Front al-Nusra. Les Frères Musulmans ont même été jusqu’à faire un récent appel du pied à al-Nusra à travers la voix de leur meneur Mohammed Riad Shakfa qui proposait une alliance aux djihadistes en échange de leur désolidarisation officielle d’Al-Qaïda. Riad Shakfa a ensuite vivement critiqué les Etats-Unis parce qu’ils avaient ajouté al-Nusra à leur liste d’organisations terroristes tout comme ils l’avaient fait avec Al-Qaïda.
Lorsque les troupes de l’armée officielle d’el-Assad s’étaient retirées des zones kurdes en juillet 2012, l’alliance entre les kurdes marxistes du PYD et les partis kurdes traditionnels avait permis de faire flotter le drapeau du Kurdistan sur l’ensemble de la région . Par la suite, les combattants kurdes avaient réussi à prendre de nombreuses localités irakiennes dont Kirkouk , ville historique du Kurdistan. Malgré les nombreuses pertes qu’ont essuyé les peshmergas, ils continuent les combats aux côtés de l’armée irakienne.

Le Kurdistan irakien soutenu par les Etats-Unis et l’UE

Jamais peinés de soutenir tout et son inverse, l’Union Européenne et les Etats-Unis qui ont armé les Frères Musulmans au début du conflit à travers le CNS, décident aujourd’hui de soutenir les kurdes d’Irak, liés à ceux de Syrie. Ayant obtenu un avantage majeur en prenant Kirkouk tout en profitant d’un Premier Ministre irakien isolé, les kurdes sont aujourd’hui les mieux placés pour faire reculer l’islamisme radical du Front al-Nusra mais aussi de l’Etat Islamique. C’est d’ailleurs pour cela que l’UE et les USA appellent l’ensemble de la communauté internationale à livrer des armes au Président de la province autonome du Kurdistan irakien, Massoud Barzani .
L’incohérence la plus totale se trouve ici dans la politique étrangère américaine et européenne : les Etats-Unis sont à la fois les alliés des pétromonarchies qui financent les mouvements islamistes de la région mais soutiennent dans le même temps les Kurdes qui les combattent. Ils soutiennent à la fois le CNS anti-el-Assad et les Kurdes syriens – via le Kurdistan irakien – qui en sont les alliés objectifs. Pire encore, ils s’opposent à el-Assad alors qu’ils ont soutenu son père, Hafez el-Assad ancien ministre en 1970, lors de son coup d’Etat contre le Président d’alors, Nouredine al-Atassi.

Drapeau du Kurdistan

Le Kurdistan en Turquie, une situation tendue

Avec la réélection de Recep Tayyip Erdogan à la tête de la Turquie cette semaine , c’est un nouveau blocage auquel vont devoir faire face les Kurdes de Turquie. Bien qu’ayant réussi à présenter un candidat , la résolution de la question kurde reste problématique dans un pays où elle oscille entre résolution armée et résolution politique.
D’un côté le Parti des Travailleurs Kurdes (PKK) était engagée dans une lutte armée inégale avec l’armée turque en protégeant jalousement les frontières de ce qu’il considère être l’Etat du Kurdistan. Tout en ayant son principal meneur incarcéré depuis des années , le PKK continue d´être un mouvement actif et parfois victorieux. Bien que contestable sur ses sources de financement (notamment la drogue ), le PKK reste le porte-voix des Kurdes opprimés et souvent bombardés par Ankara .
De l’autre, un mouvement politique se développe, mêlant à la fois les militants turques pour la résolution du conflit et militants kurdes pour l’émancipation nationale. Souvent réprimés afin de les mener vers le conflit militaire comme ce fut le cas lors de la dissolution du Parti de la Société Démocratique par la Cour Constitutionnelle turque, les pacifistes de la cause kurde sont souvent isolés sur la scène internationale.

Le Kurdistan en Iran

L’histoire des kurdes d’Iran est moins connue que celle de leurs voisins irakiens, syriens ou turcs. Et pour cause, ils font partie à part entière de l’histoire iranienne, pays dont ils ont choisi le nom lorsque leurs ancêtres de la dynastie des Mèdes le dirigeaient. Pour autant, même si l’on peut constater un lien inébranlable entre les Kurdes iraniens et les autres peuples d’Iran, force est de constater que c’est sur le terrain politique que l’on peut retrouver des éléments d’affrontement.
Tout d’abord, les Kurdes d’Iran étant sunnites et non chiites, ceux-ci ne s’intéressent pas à la théocratie impulsée lors de la Révolution iranienne de 1979. Franchement marxistes, les Kurdes d’Iran ont été les premiers opposants du régime de Khomeiny puisque nombre d’entre eux étaient des moudjahidines du Peuple. Cet ancrage politique remonte à des temps plus anciens lorsque la République de Mahabad fût fondée par le clan Barzan, notamment par Moustapha Barzani, père de l’actuel président du Kurdistan irakien. Soutenue par l’URSS, la République du Mahabad ne tiendra pas plus d’un an et son Président, Qazi Muhammad, sera exécuté.
Sur un tout autre plan, celui de la contrebande, on peut aussi retrouver des oppositions entre les kurdes d’Iran et le gouvernement central qui tente de lutter contre le marché noir, la drogue qui vient d’Afghanistan en passant par le maquis kurde. Par ailleurs cette zone est surveillée du fait de la fuite de nombreux opposants au régime qui choisissent le Kurdistan iranien comme zone de transit.
Néanmoins, malgré ces deux points importants qui peuvent provoquer des affrontements politiques entre le gouvernement central iranien et les kurdes d’Iran, il n’y a que peu de problèmes entre les deux groupes. Malgré une différence religieuse notable, les kurdes d’Iran ont une langue proche des autres peuples d’Iran et font partie intégrante de l’histoire millénaire de ce pays et ancien Empire.

La France, en n’ayant pas participé à la guerre en Irak en 2003 et en prenant aujourd’hui le leadership – conjointement aux Etats-Unis – pour la livraison d’armes aux kurdes irakiens, montre la voie de l’exemplarité pour la réunification des pays kurdes.
Pour autant, on peut sérieusement mettre en doute la bonne volonté de nos gouvernants dès lors que l’on sait que dix-neuf mois après l’assassinat de trois militantes kurdes en plein cœur de Paris, l’enquête n’a pas pu avancer. Serait-ce pour des raisons politiques ?

L´éphémère République de Mahabad (1946)

Auteur : Davy Rodriguez

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La France au coeur du conflit syrien : la DGSE et les armes chimiques

La révélation de l´utilisation d´armes chimiques par le régime syrien n´a pas fuité par les réseaux sociaux ou par des organisations humanitaires. Elle a été prouvée par les hommes de la Direction Générale de la Sécurité Extérieure qui ont risqué leur vie pour amener la communauté internationale à s´interroger sur ces armes et ainsi à les empecher de nuire.

La Syrie et les armes chimiques (mai 2013)

Les preuves de la DGSE

Dans une synthèse nationale de renseignement déclassifiée que vous pouvez retrouver ici, la DGSE a transmis les preuves de l´utilisation d´armes chimiques, notamment du gaz sarin, au gouvernement qui a pu à son tour rendre public le document et le transmettre aux Nations-Unies. Celles-ci ne sont évidemment pas visibles dans le rapport, mais il met en évidence à la fois le fait que le régime a la capacité d´utiliser l´arme chimique, mais aussi la responsabilité directe de Bachar al-Assad, un des seuls à pouvoir ordonner de telles attaques. Dans un autre rapport, que vous retrouverez , les services de la DGSE justifient leur affirmation.

« Les services compétents français ont récupéré des échantillons biomédicaux (sang, urine), environnementaux (sol) et matériels (munitions), prélevés sur des victimes ou sur les sites des attaques de Saraqeb, le 29 avril 2013, et de Jobar, à la mi-avril 2013. Les analyses conduites ont confirmé l’emploi de sarin. » (Rapport gouvernemental)

Un usage répété

S´ensuit alors un long descriptif des actions menées contre la population civile à l´aide d´armes chimiques, avec une concentration particulière sur la journée du 21 aout 2013, durant laquelle des attaques ont été localisés dans la Ghouta Est (quartiers d’Ain Tarma, de Douma, d’Erbin, de Jobar, de Kfar Batna, de Qas Alaa, de Zamalka) et Ouest (quartier de Mudamiyat Sham). L´analyse de vidéos ont pu confirmer un bilan d´au moins 297 morts du fait de ces armes interdites par la Convention de Genève, ce qui constitue un crime de guerre ainsi qu´un crime contre l´humanité (suivant si les armes chimiques sont utilisés contre des soldats ou des civils).

Attaques chimiques à Damas

La DGSE, un travail exemplaire à saluer

Il n´est jamais facile de travailler dans ce service, dont les succès sont cachés et les bavures médiatisées. Le scandale qui a collé à la DGSE depuis des années (assaut d´un bateau de Greenpeace) continue de susciter méfiance et soupcons à propos d´une organisation gouvernementale dont on ne sait presque rien. Mais il ne faut pas oublier que ces soldats de l´ombre sont toujours aux avants-postes dans la lutte contre le terrorisme. Ce sont notamment eux et les commandos du COS (Commandement des Opérations Spéciales) qui ont permis une avancée-éclair de l´armée francaise au Mali. N´oublions pas ces hommes qui ont sacrifié famille et vie privée au service de la France.

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Que se passe-t-il en Irak ?

Comme introduit par la présentation de la nouvelle rubrique « Suivi des conflits en cours », vous etes à présent sur le fil d´actualité consacré au conflit en Irak et commencé le 1er aout 2014. Vous retrouverez une présentation du conflit en-dessous du fil.

Situation actuelle

Avancée des troupes de l´Etat Islamique

Avancée des troupes de l´Etat Islamique

Fil d´actualité

11 aout 2014 : prise de Djalaoula par l´EI. L´encerclement de Bagdad se poursuit par le Nord. Grace aux frappes américaines, les peshmergas ont pu reprendre l´offensive lundi

9 aout 2014 : les frappes américaines débutent et détruisent six véhicules

8 aout 2014 : frappes aériennes de l´armée irakienne sur l´EI et assaut de l´EI sur le barrage Saddam de Mossoul. L´EI est aux portes du Kurdistan. Paris et Washington prets à intervenir dans le conflit, Obama donne le feu vert pour des frappes aériennes. Les Kurdes affirment avoir sécurisé un corridor humanitaire pour les Yézidis.

7 aout 2014 : poursuite de l´offensive kurde en Irak et attaque sur Makhmour, à 40 km d´Erbil. Un drone irakien a bombardé la prison de Mossoul, base de l´EI, et aurait fait 30 morts. L´EI prend la plus grande ville chrétienne d´Irak Karakoch et ses environs.

6 aout 2014 : le PKK de Turquie appelle les Kurdes à s´unir pour repousser l´offensive de l´EI dans le nord de l´Irak. Une vague d´attentats fait 30 morts et 70 blessés dans le quartier chiite de Bagdad Sadr City, et autour.

4 aout 2014 : Bagdad décide d´appuyer les peshmergas grace à son aviation tandis que des combattants du PYD sont arrivés de Syrie pour aider leurs frères kurdes

3 aout 2014 : Une attaque contre une position de l´armée à Jourf al-Sakhr fait 23 morts, la contre-offensive aurait tué 37 djihadistes. Une attaque à la voiture piégée contre un centre de recrutement de l´armée a fait 5 morts et 16 blessés à Balad. Prise de Sinjar par l´EI et fuite de 200 000 personnes, en majorités des minorités (Turcomans, Yézidis, Chabaks)

2 aout 2014 : une attaque contre un barrage a fait 14 morts dans le rang des peshmergas à Zoumar, forcant les Kurdes à se retirer. 2 autres soldats kurdes ont perdu la vie dans une escarmouche à la frontière syrienne. Une centaine de djihadistes auraient été tués dans ces attaques, 38 autres auraient été faits prisonniers.

31 juillet 2014 : 17 soldats et 23 djihadistes tués à Jourf al-Sakhr, au sud de Bagdad. L´armée fait aussi état de 3 blessés.

28 juillet 2014 : 17 personnes dont des combattants de l´EI tués par une offensive de l´armée sur Jourf al-Sakhr

25 juillet 2014 : au moins 17 morts dans des attentats à Bagdad et dans sa banlieue

24 juillet 2014 : le kurde Fouad massoum est élu président irakien par le Parlement

18 juillet 2014 :
ultimatum pour les chrétiens de Mossoul : la conversion, l´impot islamique, le départ ou la mort

29 juin 2014 : Abou Bakr al-Baghdadi s´autoproclame « calife » et appelle les fidèles à le rejoindre

23 juin 2014 : prise de Tall Afar

21 juin 2014 :
prise d´Al-Qaim

11 juin 2014 : prise de Tikrit et massacre de plus de 1100 soldats chiites par l´EIIL

10 juin 2014 : prise de Mossoul par l´EIIL et des 425 millions de dollars de la banque centrale entreposés là

Déclenchement du conflit

Suite au conflit syrien, à l´afflux de volontaires djihadistes du mone entier et surtout de la prise de matériel à l´armée syrienne, des djihadistes anciennement affiliés à Al-Qaeda et regroupés autour du calife autoproclamé Abou Bakr Al-Baghdadi se sont dirigés vers l´Irak. Bénéficiant du soutien d’anciens officiers de Saddam Hussein, de groupes salafistes et de certaines tribus, ils investissent la province d’Al-Anbar et prennent la deuxième ville du pays, Mossoul début juin. Ils contrôlent également une grande partie de la province de Ninive (nord), ainsi que des régions des provinces de Diyala (est), Salaheddine et Kirkouk (ouest). Profitant de la débandade des forces de sécurité irakiennes, ils lancent une offensive sur Fallujah, dans les faubourgs de Bagdad, et s´installent durablement entre Tikrit et Bagdad. Un temps désemparé par cette attaque soudaine, le gouvernement réagit et à l´aide de son matériel nouvellement livré (Sukhoi russes) et des Américains (formateurs, drones), lance une contre-offensive sur Fallujah et sur Tikrit, ancien fief de Saddam Hussein. Des volontaires, chiites pour la plus plupart, se pressent pour combattre les djihadistes qui restent sur la défensive tandis que les Kurdes prennent Kirkouk ainsi que l´ensemble du Kurdistan irakien.

Territoire controlé par l´Etat Islamique

Territoire controlé par l´Etat Islamique

Rouge : Territoire contrôlé (juin 2014)
Rose : Territoire revendiqué
Blanc : Reste de la Syrie et de l’Irak

Forces en présence en 2013

Etat Islamique : entre 10 000 et 12 000 en Irak

Armée régulière : 270 000

Peshmergas kurdes : 35 000

Bilan

Plus de 1 700 morts en juillet selon l´ONU

Sources : Le Monde, Libération, Le Figaro, AFP

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Notre meilleur espoir pour les conflits syriens et irakiens : les Kurdes

En France, l´émoi soulevé par les persécutions dont sont victimes les chrétiens d´Irak ou Assyro-Chaldéens a suscité un engouement médiatique sans pareil, relayé massivement par les médias catholiques et religieux. Le choix auquel ont été confrontés ces chrétiens nous ramène aux heures les plus sombres de notre histoire, lorsque des portes étaient marquées pour préparer le pogrom à venir. Une délégation d´éveques francais sous la conduite de Monseigneur Barbarin s´est meme rendue en Irak pour soutenir ces frères persécutés. Mais leur plus grand espoir ne réside pas en France, mais bien dans leur propre pays… La communauté chrétienne ainsi que la majorité des réfugiés toutes confessions confondues a pu trouver sécurité et protection au Kurdistan. Ce n´est pas un Etat, ni meme une région mais bien un reve défendu par 25 à 30 millions de Kurdes partout dans le monde. Un reve qui pourrait bien se réaliser et constituer notre seul espoir pour les conflits au Moyen-Orient.

Qui sont les Kurdes ?

Les zones de peuplement kurde

Les zones de peuplement kurde

Descendants des Mèdes et d´autres peuples venus en conquérants dans ce bassin de peuplement aux confins de la Turquie, de l´Irak, de la Syrie et de l´Iran, les Kurdes ont cru tenir leur autonomie au Traité de Sèvres (1919), qui obligeait l´Empire ottoman à reconnaitre leur statut particulier. Quatre ans après, le traité de Lausanne (1923) douchait leurs espoirs et reconnaissait un Etat turc fort. Les tentatives autonomistes kurdes se sont alors soldées par des échecs et des bains de sang en Iran (1946) ou en Turquie (années 1980). Saddam Hussein lanca meme une campagne génocidaire contre eux à l´aide d´armes chimiques en 1988. Discriminés en Syrie, persécutés en Turquie, ils s´organisent autour d´un parti kurde, le PKK, avec une branche armée. Beaucoup quittent le Moyen-Orient pour l´Europe, où l´Allemagne (900 000) et la France (300 000) les accueillent. Le soutien de la diaspora se révèlera essentiel pour poursuivre la lutte pour les droits des Kurdes.

Comment réagissent-ils aux conflits en Syrie et en Irak ?

Alors que le Parlement irakien a élu le Kurde Fouad Massoum au poste de président, les Kurdes syriens et irakiens ont rapidement identifié leurs ennemis dans les deux pays et se sont mis en position défensive pour protéger les villes et zones de peuplement kurde. Bien que leur positionnement politique ne soit pas clair, il semble qu´ils soient proches des révolutionnaires démocrates syriens ainsi que de l´armée régulière irakienne et qu´un pacte de non-agression ait été passé avec les forces de Bachar al-Assad, avec qui les peshmergas kurdes défendent Hassaka, la troisième ville kurde de Syrie face à l´Etat Islamique. En Irak, après avoir pris possession en juin dernier de régions appartenant au Kurdistan irakien, les forces kurdes montent la garde sur un front de 1050 km face aux djihadistes. Armes, hommes et soutien financier affluent de Turquie où on a compris depuis longtemps l´opportunité qui se présente. 800 hommes ont ainsi passé la frontière en juillet pour venir en aide aux Kurdes irakiens qui ont lancé une offensive limitée le 1er aout en prenant quelques positions djihadistes autour d’Aïn al-Arab. Les 3000 dernières familles chrétiennes de Mossoul sont parties peu après l´expiration de l´ultimatum en direction du Kurdistan irakien et d´Erbil, où elles peuvent enfin se sentir en sécurité après avoir été chassées et détroussées. Des réfugiés de Syrie et d´Irak de toutes les confessions affluent vers le Kurdistan, où l´on essaye de s´organiser en camps de réfugiés.

Chrétiens d´Irak

Une opportunité incroyable

Bénéficiant du soutien américain depuis leur appui en 2003 et avec une cote de popularité en hausse auprès de la communauté internationale et de l´Union Européenne en raison de leur aide aux Assyro-Chaldéens, les Kurdes controlent grace à leurs peshmergas un territoire étendu qu´en l´absence de l´Etat ils sont les seuls à administrer et à protéger. Déjà, la communauté internationale semble considérer l´option kurde contre l´expansion djihadiste avec intéret. Mais dans l´hypothèse d´un recul ou d´un effondrement de l´Etat irakien ou syrien, les Kurdes pourraient bien etre les seuls a meme de contenir l´avancée de l´Etat Islamique. Avec la pression de leur diaspora et le soutien de l´ONU, un Kurdistan démocratique et laic à cheval sur l´Irak et la Syrie et hostile à l´Iran pourrait constituer un atout non-négligeable dans la région pour les Occidentaux et surtout une alternative aux Etats multiethniques faibles de la région. Ceci n´est bien sur qu´une hypothèse mais après avoir lutté contre l´Etat Islamique et protégé de nombreux civils, il est difficile de croire que la souveraineté irakienne ou syrienne va se réinstaller en douceur au Kurdistan.

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Que se passe-t-il en Syrie ?

Comme introduit par la présentation de la nouvelle rubrique « Suivi des conflits en cours », vous etes à présent sur le fil d´actualité consacré au conflit en Syrie et commencé le 31 juillet 2014. Vous retrouverez une présentation du conflit en-dessous du fil.

Situation actuelle

Guerre civile syrienne

Rouge : zone sous contrôle des loyalistes pro-Assad.
Jaune : zone sous le contrôle des Kurdes.
Vert : zone sous contrôle des révolutionnaires.
Gris : zone sous contrôle de l’État islamique.
Bleu : zone disputée.

Par ailleurs, nous recommandons à nos lecteurs anglophones ce site qui montre bien la complexité du conflit en cours.

Fil d´actualité

11 aout 2014 : des bombardements et des combats sporadiaues ont eu lieu à Maadi, à coté d´Alep

8 aout 2014 : l´EI s´empare de la base de la Brigade 93 dans la province de Rakka et s´apprete à passer à l´assaut sur l’aéroport militaire de Tabqa, dernier bastion pro-Assad de la région. Au moins 36 soldats et 15 djihadistes ont péri dans cette attaque.

7 aout 2014 : deux cheikhs salafistes ont réussi à négocier le retrait des combattants djihadistes en échange des prisonniers faits lors de la prise de la ville d´Ersal. Le cessez le feu est prolongé jusqu´à 17h (heure locale)

6 aout 2014 : des échanges de tirs de mortiers entre Damas et les villes voisines Douma et Kfarbatna tenues par les insurgés ont fait 44 morts : un tir d´artillerie insurgé a répondu à un bombardement de l´armée syrienne (32 morts) et a tué 12 personnes dans le centre de Damas.

4 aout 2014 : 10 soldats libanais et trois civils tués ainsi que 13 autres portés disparus dans des combats à la frontière. 25 soldats auraient aussi été blessés suite à l´arrestation d´un responsable présumé djihadiste. L´armée libanaise continue à pilonner les collines autour d´Aarsal, ou se sont réfugiés de nombreux combattants djihadistes et autres sympathisants sunnites.

2 aout 2014 : 8 soldats libanais tués par des djihadistes dans la région d´Aarsal. Une cinquantaine de djihadistes a été tuée dans le Qalamoun, seule région ou l´EI et al-Nosra coopèrent.

1er aout 2014 : les peshmergas kurdes ont repris des positions de l´EI autour d’Aïn al-Arab. 14 Kurdes et 35 djihadistes auraient été tués dans cette offensive. Le front al-Nosra, qui se désolidarise de plus en plus de l´EI, a conquis Sarmada et le poste-frontière de Bab al-Hawa, dans la province d’Idleb.

30 juillet 2014 : l´EI bombarde les positions de l´armée à Hassaka. La tribu sunnite des Chaitat a décidé de prendre les armes contre l´EI dans la province de Deir Ezzor, tuant 5 djihadistes.

30 juillet 2014 : assiégée depuis un an par l´armée syrienne, la ville de Douma a été bombardée, causant 12 morts et des dizaines de blessés

25 juillet 2014 : dans le cadre d´une embuscade et de la prise d´une base militaire près de Rekka, les combattants de l´EI ont fait une cinquantaine de morts parmi les soldats syriens de la 17ème division stationnée là-bas

17 juillet 2014 : la prise du champ gazier de Chaar par les combattants de l´Etat Islamique fait 270 morts parmi les loyalistes. La contre-offensive immédiate des forces syriennes aurait notamment provoqué la mort de plus de 40 combattants de l´EI (OSDH)

14 juillet 2014 :
entre la région frontalière d´Aarsal et celle de Qalamoun, une escarmouche a fait 16 morts coté insurgés et 7 morts coté Hezbollah. Des prisonniers islamistes auraient été capturés par la milice chiite.

Le début du ramadan le 28 juin jusqu´au 27 juillet ralentit les opérations, sans pour autant les arreter.

14 mai 2014 : le front Islamique attaque la base loyaliste de Wadi Deif, l´une des dernières positions pro-Assad de la province d´Idleb à l´aide d´un tunnel bourré d´explosifs

Déclenchement du conflit

Dans la continuité du Printemps Arabe, mouvement de contestation démocratique des régimes autoritaires du monde arabe, des manifestations pacifiques sont réprimées dans le sang dans les principales villes syriennes. La tentative de révolution évolue en guerre civile ainsi qu´en conflit confessionnel : la majorité des chiites, des alaouites et des chrétiens soutient le président Bachar al-Assad face à une majorité de sunnites qui critiquent son gouvernement dictatorial et discriminatoire envers leur confession. A cette situation explosive viennent se greffer des groupes extérieurs manifestant des sympathies pour un camp ou l´autre : tandis que Bachar al-Assad est soutenu par les Gardiens de la Révolution iraniens, le Hezbollah libanais ou encore la brigade chiite al-Abbas, les révolutionnaires syriens ont vu des djihadistes venus du monde entier se battre à leurs cotés, au grand dam des démocrates et intellectuels révolutionnaires. En plus de l´État Islamique au Levant, le front Al-Nosra (affilié à Al-Qaeda) et le front Islamique ont pris possession de larges pans du territoires syriens. Au nord, les Kurdes peuvent compter sur l´aide du PKK turc pour défendre leur territoire contre baaasistes (partisans d´Al-Assad) et djihadistes.

Forces en présence en 2013

Armée syrienne : 170 000
Forces de défense nationale : 100 000
Brigade al-Abbas : 10 0000
Hezbollah : 8 000 à 10 0000
Gardiens de la Révolution : 150

Armée syrienne libre : 40 000 à 50 000
Front islamique : 50 000 à 80 000
Front al-Nosra : 3 000 à 10 000
Etat Islamique : 7 000 à 12 000

Kurdes (YPG) : 35 000

Bilan

171 000 morts et 17 000 disparus dont 57 000 civils selon l´Observatoire syrien des droits de l´homme

Syrie Bilan

Sources : AFP, RFI, La Croix, The Guardian, The Wall Street Journal, The Independent, Washington Post, Huffington Post, l´Humanité, the Daily Star

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Présentation d´une nouvelle rubrique « Suivi des conflits en cours « 

Chers lecteurs

le blog a été délaissé ces derniers mois en raison d´un emploi du temps plutot surchargé. En cette période de vacances, je vous propose donc une nouvelle rubrique alimentée plusieurs fois par jour concernant les conflits en cours dans le monde. Que se passe-t-il actuellement en Syrie ? Qui s´oppose à qui en Libye ? Quelle faction tient quel territoire en Irak ? Quel est le bilan du conflit en cours dans la bande de Gaza ? De grands articles traitent de la situation générale en cours mais le système de mode dans les médias nous fait perdre de vue ce qui se passe dans des pays en guerre où des combats souvent violents se déroulent. L´objectif est de réunir à travers la lecture de plusieurs médias européens et internationaux (dont les titres seront cités) les informations nécessaires à une synthèse courte, concise et impartiale de la situation militaire et stratégique du conflit en cours, avec cartes et photos à l´appui. Dans un premier temps, les conflits en Irak, en Libye, en Syrie ainsi que dans la bande de Gaza feront l´objet de fils d´actualités renouvelés régulièrement qui vous permettront de suivre les conflits de maníère à mieux les cerner. Des articles d´opinion et d´analyse personnelle viendront par la suite enrichir ces fils d´actualité afin de vous donner toutes les cartes pour mieux comprendre ce qui se passe. Je me dois d´insister sur l´impartialité et la qualité de l´information, dont la source sera systématiquement citée et le cas échéant, le lien proposé.

Bonne lecture, n´hésitez pas à faire partager vos réactions

Milice irakienne

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